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Le : 03/06/2026

Nos fiches de lectures

Aqua

Auteur : Gaspard Koenig

Année : 2026

Résumé de l'ouvrage :

Après nous avoir emmenés (re)sentir l'humus dans son précédent ouvrage (lire la fiche de lecture d'Humus), Gaspard Koenig continue sa saga sur les 4 éléments. Car il s'agit bien de cela : une saga. Même lieu : Saint-Firmin, petit village dans le bocage normand, mêmes personnages en creux et mêmes portaits en plein pour dépeindre la réalité de nos sociétés, ses clivages et ses aberrations. Aqua nous plonge dans le politique, des enjeux des municipales aux décisions préfectorales en passant par les salons des ministres. Deux visions s'opposent sur la question de l'eau à Saint-Firmin : les belles tenues, la centralisation et la gestion par l'agglomération versus les pieds nus, la gouvernance locale et la gestion de l'eau par le village.

Martin Jobard, enfant du pays néanmoins déconnecté qui rêve des ors de la République, se présente aux municipales de son village, non par conviction mais par besoin d'un mandat local pour sa carrière. Sa vision est simple, suivre les shémas directeurs, centraliser et déléguer la gestion de l'eau à l'agglomération afin de profiter de leurs installations modernes. Maria, elle n'a pas de nom de famille, immigrée roumaine, tient l'épicerie du village et surtout ne comprend pas pourquoi Saint-Firmin, doté d'une source, ne pourrait pas continuer à profiter de son eau. Voilà, le sujet est planté avec son lot de personnages bien campés et les péripéties qui arrivent : la sécheresse, les guerres d'égo et les pions qui s'affairent dans les bureaux. 

Peut-être plus que l'eau finalement, les questions de la prise de décision, de l'auto détermination, des choix à faire, des luttes à mener, de celles qui s'assèchent et de nouveaux paradigmes qui émergent, ici celui de la gouvernance des communs, nous confrontent à notre propre échelle territoriale et ce qu'il s'y joue. 

Points intéressants de l'ouvrage :

Aqua a le mérite de nous ramener à l'essentiel : des questions aussi importantes de survie de l'humanité dans nos mondes hors-sols, ultra-connectés mais déconnectés des enjeux du réel. L'impact de nos activités polluantes a déjà des répercussions majeures sur nos vies à tous : inondations, sécheresses, canicules, tempêtes, etc. L'Etat pallie aux manques, fait rustine dans ces périodes où cela est encore possible et finalement, ça passe ! On reprend le rythme de nos vies et rien ne change vraiment. Ce qui fait le sel de cette lecture, c'est le retournement de situation. Constater que les huluberlus, ceux encore à la marge, les David contre Goliath ou le village d'irréductibles gaulois ne sont pas si perchés que ça, que le bon sens des anciens n'est peut être pas à considérer toujours comme un refus du progrès mais plutôt comme le souhait d'une durabilité, que prendre le temps de l'observation avant celui de la rationnalisation, que faire avec plutôt que toujours chercher à faire plus peut avoir de multiples bénéfices. Voilà ce qui fait du bien à travers la lecture d'Aqua.

Alors bien-sûr, les personnages sont campés, les caricatures aussi mais elles résonnent et nous révèlent nos propres incohérences, nos lâches acceptations. 

Points de vigilance de l'ouvrage :

Moins enlevé qu'Humus, Aqua assèche un peu le lecteur par deux extrêmes : ses détails qui apportent de la longueur et ses élipses qui auraient cependant pu apporter de la profondeur aux personnages si elles n'avaient pas été raccourcies. 



Positive Effect Consulting Creative Commons – CC BY SA

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